Autour du ring #26 – Chronique Boxe


Par Richard Cloutier / Danslescoulisses.com

Bon dimanche à tous. La semaine qui se termine fut remplie d’actions et d’émotions avec la présentation du gala InterBox. Tout laisse croire que celle qui nous arrive sera également remplie d’activités. Le tout va d’ailleurs débuté lundi avec la rencontre média portant sur le duel Pascal vs Hopkins. Voici donc sans plus tarder mon billet de la semaine.

LUCIAN BUTE TOUJOURS CHAMPION DU MONDE
Je sais, le titre de ce bloc n’est guère révélateur quant à l’allure du combat. « Le tombeur » Lucian Bute a dû s’y reprendre à trois fois afin de venir à bout de l’Américain Jesse Brinkley. De fait, le champion IBF des super-moyens n’en croyait pas ses yeux lorsque Brinkley s’est relevé après avoir encaissé un dur coup au corps. Il n’en fut pas moins surpris de le revoir sur ses jambes à la suite d’un uppercut lui ayant fort probablement brisé le nez. Nous non plus à vrai dire.

 

Lors des premiers rounds, Bute paraissait plus lent qu’à l’habitude. Il semblait trop respecter son rival. En réalité, la disparité existant entre le talent de Bute et celui de Brinkley n’a pas eu l’influence à laquelle on pouvait s’attendre. La réalité est que Jesse Brinkley était imprévisible et qu’il a touché le champion à plusieurs reprises, aussi bien au corps qu’à la tête. Rien pour menacer la victoire, mais suffisamment pour empêcher Lucian de s’installer et prendre son rythme. J’ai d’ailleurs rarement vu son visage aussi marqué à la suite d’un combat, ce qui témoigne bien de la situation. Évidemment, ça n’a jamais été autre chose qu’une question de temps et la logique a été respectée. Vous avez moins apprécié ce duel que les précédents ? Pourtant, Lucian Bute a vu juste en déclarant en point de presse : « Je pense avoir gagné trois combats par K.-O. ce soir ! ». Regardez les choses positivement : vous avez eu le privilège de le voir à l’œuvre pour presque neuf rounds complets, ce qui est le double que lors de ses récents affrontements.

Je profite de l’occasion pour saluer le clan Brinkley. Particulièrement Terry Lane avec qui j’ai amplement parlé, clavardé et twitté tout au cours de la semaine.

Quelle sera la suite ? On parle beaucoup d’un combat entre Lucian Bute et Kelly Pavlik pour mars prochain. Un duel télédiffusé sur HBO. Pavlik doit toutefois battre Bryan Vera le 13 novembre prochain. Vera est ce boxeur qui fut impliqué dans la série « The Contender » et qui a passé le K.-O. à Sébastien Demers en juin dernier au Stade Uniprix.

DIACONU : LE RETOUR DU « SHARK »
Rick Reeno de BoxingScene.com m’écrivait que sa bouche s’était grande ouverte lorsqu’il a vu Omar Sheika faire chuter Adrian Diaconu. Sheika en a effectivement surpris plus d’un par sa vigueur. Moi le premier. Sur la galerie de presse du Centre Bell d’où j’ai assisté au gala InterBox vendredi soir, j’étais installé tout juste à côté de Philippe St-Martin de Boxrec.com. Ce qui nous a surtout impressionnés, c’est la capacité de Sheika à encaisser les coups de puissance de Diaconu. On savait qu’il pouvait être dangereux avec sa droite – et il l’a prouvé – mais jamais nous n’aurions pu imaginer que ce combat se rendrait à la limite.

« J’ai sans doute livré mon combat le plus intelligent de ma carrière » déclarait Adrian Diaconu en point de presse. Pour ma part, j’ai assisté à la grande majorité de ses combats locaux et je considérais jusqu’ici son affrontement contre Rico Hoye en 2007 comme sa plus belle performance en carrière. On y trouvait de la puissance et de l’intelligence. On a revu ces ingrédients le 15 octobre face à Sheika, mais multipliés à la puissance 10. Diaconu était à l’aise sur le ring. Il a livré un combat méthodique, mais assez souple pour lui permettre de s’exprimer lorsque Sheika lui offrait des ouvertures.

Est-ce son camp d’entraînement en Floride en compagnie de Lucian Bute ? Est-ce les fruits de son opération au coude ? Est-ce la maturité acquise lors de ses deux guerres face à Jean Pascal ? Probablement un heureux mélange de tout ça. En point de presse, Diaconu a aussi confirmé qu’il n’était jusqu’ici rétabli de son opération qu’à 80%. Selon toute vraisemblance, sa réponse ressemblait plus à un 75%. Ce qui augure bien pour l’avenir. Car effectivement, il est grandement question d’avenir avec « The Shark ». On parle de Tavoris Cloud, le champion IBF et de Beibut Shumenov, le champion WBA. Cloud doit se battre le 17 décembre prochain face à Otis Griffin, Yussaf Mack, Marcus Olivera ou Chris Henry. Pour sa part, Shumenov doit incessamment affronter le champion WBO Jurgen Brahmer, si ce dernier obtient l’appel qui lui permettra de ne pas passer les 16 prochains mois en prison. On souhaite ardemment voir l’un de ces duels se concrétiser pour le prochain gala InterBox prévu en mars prochain.

Vous étiez l’un des 11682 spectateurs présents au Centre Bell ? Omar Sheika a confirmé ce matin à Keith Idec de BoxingScene.com que vous aviez assisté à son dernier combat. Sheika a dû être transporté à l’hôpital vendredi soir, après sa défaite.

GAUDET, DAN ET GAUTHIER : ENFIN SOUS LES FEUX DE LA RAMPE ?
Les boxeurs de la sous-carte ont livré de forts beaux combats. De belles choses semblent possibles pour Benoît Gaudet, Jojo Dan et Sébastien Gauthier. La carrière de ses trois-là souffre assurément de la structure établie par InterBox. Les opportunités de se faire valoir au cours des dernières années furent rares. Sauf exceptions (Gaudet en 2009 face à Humberto Soto à Vegas et Dan en Turquie face à Aydin au mois de juin dernier), elles ont toujours découlées de la propre avancée de Lucian Bute. Et ne vous méprenez pas sur le sens de mon opinion. D’une part, jamais Lucian Bute – ou n’importe quel autre boxeur – n’aurait pu atteindre le niveau d’excellence et de popularité qu’il connait sans l’encadrement et la préparation dont il bénéficie. Ce qui est tout à l’honneur d’InterBox, qui chéri son diamant. En contrepartie, son modèle d’affaires demeure invariablement lié au besoin de contenus de La Cage aux Sports. Sans l’incroyable rayonnement de Lucian Bute, quel intérêt La Cage aux Sports aurait-elle d’être partie prenant d’une firme de promotion de boxe ou même de seulement la soutenir ? Elle pourrait se borner à acheter le « feed » des meilleurs combats et présenter le tout sur quelques écrans entre deux matchs du Canadien et des compétitions de skateboard.

Malgré tout, puisque Benoît Gaudet, Jojo Dan et Sébastien Gauthier sont talentureux, ils ont réussi à s’imposer sur le ring et voilà que la scène nord-américaine et mondiale pourrait bien leur ouvrir les bras. Ce qui au bout du compte servirait aussi bien le plan d’affaires de La Cage aux Sports que le goût prononcé des amateurs de boxe d’ici pour les combats d’envergure. L’exemple d’Adrian Diaconu parle par lui-même. En 2009, sa carrière n’allait nulle part. Malgré son classement mondial et sa proximité avec InterBox, il ne bénéficiait d’aucun contrat de promotion. Chad Dawson refusait de l’affronter et c’est un peu par défaut que Diaconu s’est retrouvé champion du monde intérimaire. Il a dû aller affronter Chris Henry en Roumanie et le duel devant l’opposer à l’aspirant Silvio Branco n’a jamais pu être organisé fautes de pleins de choses. Sans le combat contre Jean Pascal, croyez-vous qu’Adrian Diaconu aurait eu l’occasion d’offrir une aussi belle performance vendredi dernier face à Omar Sheika ? En aucune façon et l’immense talent de Diaconu n’a rien à y voir.

Tout est question d’opportunités et je souhaite le même genre d’opportunité à Benoît Gaudet, Jojo Dan et
Sébastien Gauthier. De fait, celui dont la carrière a sans doute le plus souffert de la situation est probablement Benoît Gaudet. Non seulement sa progression n’a pas été activement soutenue, mais son entraîneur Stephan Larouche avait un horaire fort chargé à gérer. Comme quoi on en revient toujours à LucianBute… Vendredi, Benoît a disputé un premier combat sous le regard de son nouvel entraîneur : Jean-François Bergeron. Peut-être est-ce là l’opportunité qui lui fallait ?

Quant à Jojo Dan, oubliez un éventuel combat l’opposant à Antonin Décarie. J’en ai parlé avec lui et des membres de son entourage ce vendredi à l’issu de sa victoire par K.-O. sur Andres Pablo Villafane. Un tel combat n’apporterait rien au vainqueur puisque les deux boxeurs sont déjà classés dans le top-5 mondial. Seule la rivalité locale pourrait justifier, pour l’instant, la tenue du combat. Comme c’est le cas pour Bute vs Pascal, tout le monde gagnerait à cumuler de nouvelles victoires et à faire croître la renommée avant d’envisager un affrontement.

Je m’en voudrais de ne pas parler du combat entre Francy N’Têtu et Martin Desjardins. Régis Lévesques l’a toujours dit : « Y’a rien comme les rivalités locales, tab… » ! J’ai eu l’occasion de parler avec Francy au cours de la semaine, puis de croiser Martin à la Cage aux Sports du Centre Bell quelques heures avant le combat. Les deux étaient prêts pour la guerre et c’est ce qu’ils nous ont offert. On en prendrait d’autres des combats comme ça, non ?

BERNARD HOPKINS ET OSCAR DE LA HOYA À QUÉBEC ET MONTRÉAL
Au moment où j’écris ces lignes, Oscar de la Hoya se trouve dans la salle d’attente de l’aéroport pendant qu’on remplit son avion d’essence. C’est du moins ce qu’il vient d’écrire sur Twitter. Et cet avion s’en vient par ici car demain, lundi le 18 octobre, Oscar de la Hoya prendra part en compagnie de Bernard Hopkins, Jean Pascal et Yvon Michel, à différentes rencontres en vue de promouvoir le combat Pascal vs Hopkins. Le combat qui, soit dit en passant, sera présenté au Colisée Pepsi de Québec le 18 septembre prochain. La tournée de promotion sera à l’Hôtel de Ville de Québec à 10h, puis fera escale à 15h au Studio NRJ à Montréal.

LA SÉRIE « RAPIDES ET DANGEREUX » FAIT TOURNER SON MOTEUR
La carte pour le gala qui sera présenté par le Groupe Yvon Michel le 29 octobre prochain au Centre Bell est finalement connue. Sans suprise, la finale opposera David Lemieux à Hector Camacho jr. Lemieux mettra en jeu sa ceinture WBC Internationale. Le principal combat de soutien est intriguant puisqu’il mettra aux prises Antonin Décarie face à Victor Lupo. On verra ensuite les combats suivants : Eric Martel-Bahoeli vs Stéphane « Brutus » Tessier. Kevin Bizier vs Christopher Henry de la Barbade. Arash Usmanee vs le Mexicain Cesar Soriano. Kevin Lavallée vs Ricardo Blackman, lui aussi de la Barbade. Finalement chez les super-plumes, Tyler Asselstine d’Ottawa vs Francisco Tadeo du Mexique.

À noter qu’Usmanee a enregistré une belle victoire à Philadelphie le 8 octobre dernier. Quant à son rival Cesar Soriano, il en sera à son 6e combat au Québec. Il a notamment affronté Dierry Jean, Ali Chebah et Jojo Dan.

UN GALA DE BOXE POUR COMBATTRE LE CANCER DU SEIN

 

Parterre : 500$ (incluant le souper) / Balcon : 125$ (spectacle seulement)

 

Les amateurs de boxe sont conviés le 11 novembre prochain au Théâtre Corona de Montréal. Fight for Life Promotions organise un gala de boxe visant à soutenir les patients et les survivants du cancer du sein. Un don de 25% du prix de chaque billet sera remis pour aider la recherche contre le cancer. Joindre l’utile à l’agréable, quelle combinaison gagnante ! Sur la carte, le principal combat de la soirée impliquera le poids lourd Bermane «Bware » Stiverne. Comme plusieurs noms de rivaux circulent actuellement, disons que son adversaire reste à confirmer. Le boxeur de Laval qui évolue habituellement sur les cartes de Don King en sera à sa deuxième présence au Québec. En sous-carte, les combats prévus sauront également plaire aux amateurs. L’aspirant mondial Olivier Lontchi fera face au Colombien Oswaldo Miranda. Quand à Dierry Jean, il affrontera le Portoricain Wilfredo Negron.

Olivier Lontchi et Dierry Jean devaient initialement figurer sur la carte « Rapides et dangereux » du Centre Bell organisé par GYM. Il semble toutefois, tout comme Bermane Stiverne, avoir été libérés pour l’occasion par leurs promoteurs respectifs. De fait, c’est la firme de gérance Eye of the Tiger Management qui se trouve derrière cette initiative. En plus de la carrière des boxeurs figurant sur cette carte, celles d’Hermann Ngoudjo, Manolis Plaitis et Nicholson Poulard, notamment, se trouvent sous la supervision de cette firme. Les billets pour ce gala bénéfice sont disponibles sur Admission.

QUELQUES JABS
L’ancien champion canadien des poids lourd Raymond « Mount Kilimanjaro » Olubowale est de retour. Il doit se battre le 19 novembre prochain à Edmonton. On se souviendra des deux guerres qu’il avait livrées à David Cadieux. Celui-ci avait remporté le premier duel, mais « Big Ray » avait défait Cadieux par TKO à Trois-Rivières en 2007 pour lui ravir son titre Canadien. Ça avait été le dernier combat de David. Je l’appelle « Big Ray » car ce Torontois mesure 6 pieds et 7 pouces. Toutefois, son futur rival est l’Américain Tye Fields, qui mesure un pouce de plus. Ce sera un gros test pour Olubowale : Tye Fields possède un ratio de victoires par KO de 87%, soit 39 gains avant la limite pour 43 victoires et seulement deux défaites.

Parlant de gros bonhommes, avez-vous eu l’occasion de voir le combat entre Vitali Klitschko et l’Américain Shannon Briggs (regardez le combat en cliquant ici) ? Jamais je n’ai vu quelqu’un résister à autant de coups de puissance au cours d’un combat. C’était complètement fou. Les médias confirment ce matin que Briggs devra passer la semaine à l’hôpital. Je comprends mal pourquoi l’arbitre ou le coin de Briggs n’ont pas mis un terme à ce délire avant la fin du 12e round.

J’ai fais référence plus haut dans mon billet au Franco-Algérien Ali Chebah, qui a disputé plusieurs combats à Montréal. Ce dernier devait affronter Ajose Olusegun le 1er novembre prochain en Algérie dans le cadre d’un combat éliminatoire WBC. Ce combat sera plutôt repoussé au 1er décembre. C’est du moins ce que rapporte Daniel Richard sur Le Grand Club (RDS.ca) à la suite d’une correspondance qu’il aurait eue avec Chebah. Le tout, dans un bel exemple de journalisme-citoyen. J’en profite pour saluer Daniel Richard, à qui j’ai eu la chance de serrer la pince lors de la pesée officielle Bute vs Brinkley cette semaine.

Qu’arrive-t-il de la saga du Super Six ? Après l’arrivée de Glen Johnson en remplacement de Mikkell Kessler, voici que Sakio Bika a été retenu pour remplacer Andre Dirrel qui a déclaré forfait la semaine dernière en raison de problèmes neurologiques. Bika se mesurera donc à Andre Ward. Le duel est prévu le 27 novembre en Californie et le titre mondial WBA devrait être en jeu. Rappelons que Lucian Bute est devenu aspirant obligatoire au titre mondial IBF en défaisant Bika par décision unanime en 2007. Bika a pour sa part été disqualifié à son dernier combat qui l’opposait à Jean-Paul Mendy pour avoir continué, après l’arrêt de l’arbitre, de frapper son adversaire tombé au tapis. Ce combat visait à déterminer le futur aspirant obligatoire de Lucian Bute. Jesse Brinkley était le dernier aspirant obligatoire en lice et avant lui, Librado Andrade occupait cette position au classement. Pour en revenir au Super Six, Glen Johnson doit maintenant affronter Allan Green le 6 novembre à Las Vegas. Quant à Carl Froch et Arthur Abraham, ils ont rendez-vous en Finlande le 27 novembre.

Un simple mot pour souligner le début chez les poids lourds de l’ancien champion unifié des mi-lourds Antonio Tarver (cliquez ici pour regardez le combat). Tarver, qui s’est incliné à deux reprises devant Chad Dawson, a fait son nom en défaisant Roy Jones Jr., lui aussi à deux reprises. Bref, à l’âge de 41 ans, Tarver a remporté un duel dans une nouvelle division de poids.

Finalement, je faisais référence plus haut dans mon billet à Boxrec.com, qui est une source à la fois incontournable et inépuisable d’informations sur la boxe. Je profite de l’occasion pour souligner le travail remarquable de tous les intervenants impliqués auprès de ce site à travers la planète. Spécialement notre représentant local Philippe St-Martin. Son travail passe trop souvent inaperçu puisqu’il se fait dans l’ombre et qu’on le prend pour acquis. Non seulement Philippe tient rigoureusement à jour la fiche de tous nos boxeurs et effectue la recension de tous les combats qu’ils disputent, mais il est présentement plongé dans une révision des combats disputés au Québec depuis les années 80 et même avant. C’est un travail qu’il effectue à partir des fiches originales compilées par la Régie des alcools, des courses et des jeux et des organismes de règlementation qui l’ont précédé. Cet apport à la mémoire de la boxe au Québec et au Canada est à mon sens d’une valeur historique inestimable. Un très grand merci.

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